Un robot chirurgical pour le cerveau, ça va venir !

Portrait

N° 370 - Publié le 6 mars 2019
Laurent Guizard
L'épreuve par 7
Claire Haegelen

Neurochirurgienne spécialiste de la stimulation cérébrale profonde.

Magazine

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Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été chercheuse ?

Du théâtre ! J’ai beaucoup hésité avant de choisir la neurochirurgie. Finalement ce n’est pas si différent. Je suis amenée à faire des présentations face au public. En tant qu’enseignante je me mets souvent en scène face aux étudiants !

2/ Aujourd’hui, qu’avez-vous trouvé ?

Ma bulle d’oxygène. C’est ce que m’apporte la recherche. Elle permet de trouver des solutions, souvent techniques, aux problèmes cliniques. Et les patients sont intéressés par nos résultats. Cela leur apporte des réponses et les rassure.

3/ Le hasard vous a-t-il déjà aidée ?

Oui, très souvent. J’ai eu beaucoup de chance dans ma carrière. Pour l’internat par exemple, nous choisissons une ville avant la spécialité. J’ai décidé de venir à Rennes. Hasard, il n’y avait plus d’interne dans le service depuis 7 ans !

4/ Qu’avez-vous perdu ?

À part le théâtre ? Du temps pour ma famille. J’ai fait beaucoup de sacrifices, même si j’ai eu l’occasion de voyager et de rencontrer des personnes formidables.

5/ Que vaudrait-il mieux ne pas trouver ?

Un traitement qui pourrait guérir de la maladie de Parkinson uniquement sur le plan moteur. Aujourd’hui, le patient peut retrouver un certain degré d’autonomie. Mais la maladie évolue jusqu’à l’état de démence. La déambulation devient difficile à gérer pour les proches.

6/ Quelle est la découverte qui changerait votre vie ?

Un robot chirurgical. Avoir un outil suffisamment précis et souple pour opérer le cerveau, ce serait génial. Ça va venir. J’imagine un bras commandé par le chirurgien. Cela éviterait les moments de fatigue et de tremblement.

7/ Qu’est-ce qui vous ferait douter de la rationalité ?

En chirurgie, il faut être rationnel tout en laissant la place à l’instinct. Il faut parfois prendre en compte ce que l’on pressent. Le doute apparaît finalement dans les moments où l’on est très fatigué.

PROPOS RECUEILLIS PAR Propos recueillis par Marion Guillaumin
Seule femme professeure de chirurgie à Rennes.

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