Soizig Le Stradic, de Vannes à la savane

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N° 377 - Publié le 9 décembre 2019
Leonardo Farage Cancian
Soizig Le Stradic étudie comment les racines de la savane, ici au Brésil, stockent le carbone.

Spécialiste en écologie de la restauration, la Morbihannaise Soizig Le Stradic est aujourd’hui à Munich. Devinez ce qu'elle y étudie ? La savane brésilienne.

Nous ne pouvons pas planter des arbres n’importe où. Les savanes en particulier sont des écosystèmes très com-plexes, il faut bien les connaître pour les restaurer. » Soizig Le Stradic est chercheuse en écologie de la restauration à l’Université technique de Munich, en Allemagne. Avec d’autres biologistes, elle a signé un commentaire dans la revue Science, pour démontrer que la plantation d’arbres n’est pas une recette magique contre le changement climatique.

Son expertise, l’écologue de 34 ans l’a renforcée sur le terrain, en étudiant les “campos rupestres”, ces savanes brésiliennes de haute altitude. Elle a consacré sa thèse à la composition, la phénologie1 et la restauration de ces milieux naturels. Son approche est théorique et pratique.

C'est le déclic

La Bretagne manque à la chercheuse, née à Plœmeur près de Lorient, mais pas le crachin breton. Voyageuse, elle lui préfère le soleil brûlant des tropiques ! Avant de séjourner plusieurs années au Brésil pour rédiger sa thèse, Soizig Le Stradic a obtenu une licence en sciences de la vie et de la Terre, à l’Université Bretagne Sud, à Vannes.

« Mais je ne voyais pas de débouchés », explique-t-elle. Lors de son master en biologie des organismes, des populations et des écosystèmes, elle effectue un stage sur l’écologie de la restauration : c’est le déclic ! Elle trouve sa voie et poursuit par une deuxième année de master2 à Paris. Durant cette formation, elle réalise un stage au Brésil et enchaîne sur sa thèse3.

Soizig Le Stradic revient en Europe en 2012 pour se confronter à la réalité de la vie. Durant trois ans, elle réalise un postdoctorat à l’Université de Liège en Belgique. Elle y développe des programmes de restauration d'un écosystème, pour une entreprise minière basée en République démocratique du Congo. « C’était une expérience enrichissante, mais avec des limites, regrette la biologiste. Les industriels ont l’obligation de mettre en place des programmes de restauration sur place. Mais ils font le minimum. »

Son pays d’adoption

Puis l’appel du Brésil est plus fort. La chercheuse se lance dans un nouveau postdoctorat à l’Université de São Paulo. Elle étudie la façon dont les racines des plantes varient (longueur, diamètre, densité) et modifient le stockage du carbone dans le sol. Depuis six mois, la biologiste est de retour en Europe, pour se rapprocher de sa famille. Elle étudie à Munich les données récoltées en Amérique du Sud. Mais elle compte à nouveau traverser l’Atlantique, pour poursuivre ses recherches au Brésil, devenu son vrai pays d’adoption !

Émilie Veyssié

1. Étude des variations périodiques de la vie animale et végétale, en fonction du climat.
2. En écologie, biodiversité et évolution (Universités Paris 6, Paris Sud 11, AgroParisTech et ENS Paris)
3. Sous la tutelle de l'Université fédérale de Minas Gerais, au Brésil et de l'Université d'Avignon.

Soizig Le Stradic
soizig.le-stradic@tum.de

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