Une expérience dans les abysses
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À 1 700 m de profondeur, la moule a une vie bien rythmée ! Ce résultat, inattendu dans un environnement sans lumière, vient d’être mis en évidence1. « Notre étude révèle pour la première fois l’existence de rythmes biologiques chez la modiole Bathymodiolus azoricus, une espèce caractéristique des grands fonds », explique Audrey Mat, chronobiologiste à l’Ifremer à Brest. Le comportement du mollusque, à savoir l’ouverture et la fermeture de ses deux valves, ainsi que son transcriptome2 sont liés à la marée.
Pour le découvrir, l’expérience s’est déroulée au fond de l’océan, sur la dorsale médio-Atlantique, et non en surface. « Échantillonner et préserver ces moules en profondeur, sous lumière rouge pour ne pas perturber la faune, a été un véritable défi technique », confie la chercheuse. Le robot sous-marin Victor6000 a permis cette prouesse. La prochaine étape consiste à déterminer si ces rythmes sont des réponses aux stimuli de l’environnement, ou s’ils sont liés à une horloge biologique.
1. Par l’Ifremer, l’Université de Bretagne occidentale, la Station biologique de Roscoff et l’Inrae, avec l'observatoire Emso-Açores.
2. L’ensemble des gènes exprimées qui révèle l’état physiologique de l’organisme à un instant précis.
Audrey Mat
audrey.mat@hotmail.com
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