5G et santé : que sait-on ?

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N° 384 - Publié le 12 novembre 2020

Le déploiement du réseau téléphonique 5G ouvre des applications multiple. Cette technologie ne présenterait pas de danger.

Consommation d’énergie, effets sur la santé, hyperconnexion… La 5G1 s’installe avec son lot d’inquiétudes, notamment à Rennes2. « Nous étudions les technologies de téléphonie mobile depuis plus de vingt ans, explique Yves Le Dréan, biologiste cellulaire qui étudie l’effet des ondes sur le vivant à l’Irset3. Nous avons assez de recul pour savoir que les radiofréquences utilisées en télécommunication ne sont pas dangereuses. »
Le nouveau réseau de téléphonie mobile semble indispensable. « Le trafic augmente de 40 à 50 % chaque année4, souligne Nicolas Demassieux, directeur de la recherche et de l’innovation chez Orange. Cela crée une pression sur le réseau, qui risque de le saturer. » La 5G devrait permettre d’éviter la casse. Le téléchargement de contenus sera plus rapide, ce qui libèrera instantanément le réseau et évitera les encombrements.
La nouvelle norme fait surtout la promesse d’une révolution industrielle : celle de l’Internet des objets. « Pour une télémaintenance optimale, par exemple pour piloter un barrage en temps réel et à distance, la communication doit être fiable et sans délai, poursuit Nicolas Demassieux. Avec la 4G, il n’y a pas de garantie que le message arrive. » Améliorer la gestion d’équipements, optimiser les productions agricoles grâce à des capteurs… Les applications sont nombreuses et la recherche est en plein essor5. « Notre mission est aujourd’hui d’identifier les possibilités et les bénéfices de cette technologie. »

Un réseau moins énergivore

Au service d’un monde où tout est connecté, la 5G sera pourtant moins énergivore que la 4G. Des antennes dites “intelligentes” seront installées sur des sites existants. Les ondes seront émises uniquement dans la direction des utilisateurs, et non plus comme un phare à feu fixe, qui éclaire partout. Finies les émissions et les dépenses inutiles...
« L’efficacité énergétique sera dix fois meilleure. Chaque vidéo chargée en 4G consomme environ 0,5 kWh. Avec la 5G, elle n’en consommera que 0,05 kWh. » L’idée est d’amplifier le trafic sans augmenter la consommation électrique. Des tests sont en cours à Rennes, avec des prototypes capables de réduire cette consommation, ainsi que la quantité d’ondes électromagnétiques envoyées pour acheminer les informations.
Et côté santé ? « Les fréquences de la 5G sont très proches de celles utilisées avec la 4G ou le Wifi, poursuit Yves Le Dréan, enseignant chercheur à l’Université de Rennes 1. Les premières mesures montrent que les niveaux d’exposition seront bien inférieurs aux limites autorisées6. » La recherche se poursuit pour s’assurer qu’il n’existe pas d’effet à long terme.

MARION GUILLAUMIN

1. Cinquième génération de réseau mobile.
2. Une mission d’étude dirigée par Pierre Jannin, directeur de recherche à l’Inserm, est lancée par la Ville de Rennes pour étudier les conséquences du déploiement des antennes 5G.
3. Institut de recherche en santé, environnement et travail (Inserm, Université de Rennes 1).
4. Tous opérateurs confondus, en France et dans le monde.
5. Notamment dans le secteur du transport terrestre et maritime.
6. Selon les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé.

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