JO 2024 : la science au service des sportifs

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N° 386 - Publié le 25 février 2021
ALEXIS CHEZIERE
Au laboratoire M2S à Rennes, un boxeur s’entraîne à mieux réagir face à un adversaire virtuel.

Deux projets coordonnés par l’Université Rennes 2 ont été sélectionnés par l’État pour préparer les athlètes aux Jeux de Paris 2024.

Remporter un maximum de médailles tricolores. Voici l’objectif du programme prioritaire de recherche “Sport de très haute performance” pour les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 ! À cette occasion, deux projets de l’Université Rennes 2 (Best-Tennis et Revea) ont chacun reçu près de 1,3 million d’euros de l’État1. Ce financement permettra d’investir dans du matériel et de renforcer les équipes en recrutant notamment des ingénieurs et des post-doctorants.

Gestuelle du joueur en 3D

« Best-Tennis vise l’optimisation du service et de son retour chez les 24 meilleurs athlètes du tennis français, valides et en fauteuil2 », explique Caroline Martin. Spécialiste en biomécanique au laboratoire M2S3, elle coordonne le projet avec Benoît Bideau. Depuis dix ans, la chercheuse décompose le mouvement du service. « En biomécanique, le corps humain est représenté par une chaîne découpée en plusieurs segments. »
Pour une vitesse maximale de balle en sortie de raquette, le corps doit s’activer selon un ordre logique : d’abord les appuis, puis le tronc, les bras et la main. Pour quantifier la vitesse de chaque segment, Caroline Martin utilise la capture de mouvement. Elle reconstitue en 3D la gestuelle du joueur au moyen de caméras infrarouges et de marqueurs réfléchissants posés sur le corps. « L’idée est d’analyser le service pour aider l’athlète à se perfectionner et éviter la blessure. » Pour compléter ce suivi, la réactivité des joueurs lors de leur retour de service sera analysée et un outil statistique permettra l’étude de leur performance lors des matchs.
Dans le même laboratoire, le projet Revea accompagne une soixantaine d’athlètes des fédérations de boxe, de gymnastique et d'athlétisme du relais 4 fois 100 mètres. « L’objectif est d’augmenter la charge d’entraînement tout en minimisant le risque de blessures grâce à la réalité virtuelle », explique Richard Kulpa, également chercheur au M2S. À travers un casque de réalité virtuelle, l’athlète visualise des situations contrôlées par ordinateur. À la boxe, il se confronte à un adversaire virtuel et au relais il attrape le témoin que lui tend un avatar.

S'adapter à un adversaire

« Nous analysons la capacité du sportif à percevoir la situation, à s’adapter à un adversaire ou à son coéquipier, puis à réagir de manière appropriée », précise le responsable du projet. La réalité virtuelle permet une grande variabilité dans les simulations et limite le risque de blessures. « Ici, le boxeur perfectionne sa défense sans encaisser les coups ! »
Le casque permet aussi l’observation d’actions encore non maîtrisées. Chaque gymnaste regarde son jumeau numérique exécuter l’enchaînement qu’il souhaite réaliser. « Cela permet au cerveau du sportif d’assimiler les mouvements pour les reproduire. » De quoi maximiser ses performances !

MARIE HILARY

1. Suite à un appel à projet lancé par l’Agence nationale de la recherche en 2020.
2. Dont Stéphane Houdet et Mickaël Jeremiasz.
3. Laboratoire mouvement, sport, santé.

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