PB8, l’ange gardien d’Artemis II
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Une partie de la réussite de la mission Artemis II se joue à Pleumeur-Bodou, grâce à une poignée de radioamateurs.
Nom : PB8. Hauteur : 18 mètres. C’est l’une des antennes paraboliques blanches qui entourent le Radôme, cette grande sphère immaculée, située dans l’ancien Centre de télécommunications par satellite de Pleumeur-Bodou (Côtes-d’Armor), pionnier des liaisons intercontinentales dans les années 1960. En janvier, l’antenne PB8 a été sélectionnée par la Nasa pour suivre en télémétrie1 le vaisseau spatial Orion pendant la mission Artemis II, qui doit signer le retour des humains autour de la Lune.
L’antenne va suivre automatiquement le vaisseau Orion lorsqu’il se déplacera dans notre ciel.
« Nous faisons partie des 34 stations retenues dans le monde », se réjouit André Gilloire, président de l’association de passionnés des télécoms ORPB2. Ils ont pris en main PB8 en 2007, et l’ont d’abord « utilisée comme un radiotélescope, pour recevoir les émissions très faibles venant du cosmos ». Puis ils ont développé la communication par écho lunaire. « Nous pouvons faire des liaisons avec d’autres stations sur Terre en utilisant la Lune comme un miroir », explique-t-il. Elles nécessitent un contrôle très précis de l’antenne.
Affiner la trajectoire
Toutes ces compétences leur ont permis de répondre à l’appel d’offres de la Nasa. « La taille de PB8, 13 mètres de diamètre, a été déterminante. Car elle peut recevoir plus facilement des signaux faibles », indique Lucien Macé, secrétaire de l’association, qui a dû lui-même construire un nouveau capteur. Un investissement de 1 000 euros pour ces amateurs. « Les vaisseaux spatiaux émettent sur une bande de fréquences qui leur est réservée. Ce sont des ondes courtes, comparables à celles des fours à micro-ondes », précise André Gilloire. Initialement prévu début mars, le lancement est reporté à une date ultérieure. « Pendant les dix jours de la mission, l’antenne va suivre automatiquement le vaisseau Orion lorsqu’il se déplacera dans notre ciel, et nous enverrons des données à la Nasa. Elles serviront à affiner la vitesse et la trajectoire de la capsule », explique Lucien Macé. Une belle reconnaissance pour le travail de ces bénévoles.
1. Procédé de mesure des distances
2. Observation radio Pleumeur-Bodou
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