MT180, une expérience précieuse pour les futurs chercheurs

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N° 437 - Publié le 30 mars 2026
© COM UBO
Emma Lelong a participé à la finale nationale du concours en 2024.

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Le concours Ma thèse en 180 secondes apporte aux doctorants des compétences bien utiles à leurs carrières scientifiques.

« C’était une vraie respiration dans nos thèses », se rappelle Simon Guihéneuf, qui a participé à la finale nationale de Ma thèse en 180 secondes (MT180) en 2021. Le principe du concours : résumer son sujet en trois minutes. Cette année, la finale régionale aura lieu à Brest, à la Médiathèque des Capucins, le 10 avril.
Les anciens doctorants interrogés gardent tous un très bon souvenir du concours. « Au fil des étapes, j’ai rencontré beaucoup de gens, dans des disciplines très différentes, venus d’universités de toute la France », se souvient Emma Lelong, finaliste nationale en 2024.

Réveiller les foules


Un long parcours qui commence par une formation organisée par le Collège doctoral de Bretagne. « J’ai appris à trouver l’équilibre entre la simplicité du message et sa justesse scientifique », raconte Camille Vautier, qui a reçu le troisième prix national en 2018.
Les compétences acquises lors de MT180 sont encore précieuses, pour les désormais chercheurs et chercheuses : afin de solliciter des financements pour leurs travaux, ou pour les présenter lors de colloques scientifiques. « J’assume beaucoup plus l’humour dans ma communication, observe Emma Lelong, ingénieure de recherche en droit pour le consortium Share the ocean1. Je suis connue par les organisateurs pour réveiller les foules. On me place en début d’après-midi, après le déjeuner ! » Les scientifiques sont souvent aussi des enseignants. « Cette idée de message clair, direct, précis, cela m’a beaucoup aidée », souligne Camille Vautier, enseignante-chercheuse en hydrogéologie à l’ENS2 Rennes, qui a été professeure quelques années en lycée.
MT180 permet également de créer son réseau. « J’y ai rencontré une chercheuse travaillant sur les algues invasives, qui a vu une application à mes travaux sur les biostabilisants, raconte Simon Guihéneuf, aujourd’hui maître de conférences en génie civil à l’Ensibs3, à Lorient. Nous avons encadré un stage de Master ensemble. »

Le petit plus dans le CV


Le concours est-il un accélérateur de carrière scientifique ? Les publications dans des revues restent un point majeur du CV, mais MT180 semble être le petit plus qui peut faire la différence. « Quand nous passons le concours pour devenir maître de conférences, nous nous adressons à un jury venu d’horizons variés. Nous devons présenter un projet d’inclusion dans un laboratoire, clair et scientifiquement robuste. C’est aussi un exercice de communication », explique Simon Guihéneuf.
Né d’un concept australien et développé en 2012 au Canada, MT180 a été lancé en 2014 en France et a rapidement rencontré son succès auprès du public. Mais les premières années, l’engouement était timide du côté des doctorants. « Nous avons fait des qualifications à quatre », se souvient Enora Leproust, formatrice à l’UBO4, qui participe à l’organisation depuis 2019. Depuis plusieurs années, les formations affichent complet5. « Nous remplissons de plus en plus vite les places disponibles », sourit celle qui reste impressionnée par les performances : « Tous les ans, je suis bluffée ! »

Élodie Papin

1. Consortium de recherche travaillant sur la réduction des collisions entre les navires et les cétacés.
2. École normale supérieure de Rennes.
3. École nationale supérieure d'ingénieurs de Bretagne Sud.
4. Université de Bretagne Occidentale.
5. 32 doctorants bretons participent aux sélections en vue de la finale régionale cette année.

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