« Une découverte à l’envers »

Portrait

N° 440 - Publié le 11 août 2026
© ALAIN WARNIER
Ce que je cherche
Maette Eléouet
Doctorante en histoire moderne au CRBC¹

Je travaille sur une découverte à l’envers. Entre le 15e et le 17e siècles, lorsque les Européens ont “conquis l’Amérique” — les actuels Mexique ou Brésil, le Canada ou la Louisiane — ils ont amené avec eux des Amérindiens. Ces derniers constituaient des preuves du voyage, une attestation de la découverte. À leur tour, ils ont découvert l’Europe. Il reste peu de traces de ces personnes. Je me plonge dans les écrits des missionnaires jésuites, les récits des navigateurs, ou les archives de l’amirauté.

À l’origine de la Révolution


L’arrivée en Europe était un véritable choc culturel. Les Amérindiens n’ont pas compris que des gens mendient dans la rue : chez eux, tout le monde avait à manger. Ils avaient une idée de grandeur de la civilisation européenne, portée par les religieux missionnaires ; mais ont découvert une société absolutiste, inégalitaire, avec des systèmes de torture terribles. Les philosophes des Lumières comme Voltaire ou Montaigne ont utilisé leur réaction pour dénoncer les injustices. La rencontre avec les Amérindiens a montré aux Européens qu’il existait d’autres possibilités de vivre. C’est l’une des origines de la Révolution française.

PROPOS RECUEILLIS PAR Élodie Papin

1. Centre de recherche bretonne et celtique.

TOUS LES PORTRAITS

Abonnez-vous à la newsletter
du magazine Sciences Ouest

Suivez Sciences Ouest