Dans la fabrique d’un tiers-lieu scientifique

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N° 441 - Publié le 6 octobre 2026
© FANNY GUYOMARD
Les participants se réunissent pour imaginer le futur tiers-lieu scientifique.

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À Saint-Brieuc, des habitants se rencontrent pour imaginer collectivement un lieu où toute personne peut proposer ou participer à des activités à coloration scientifique. Nous avons assisté à la conception de ce tiers-lieu, une place publique gérée par ceux qui la font vivre.

Imaginez un endroit qui stimule gratuitement la créativité, l’esprit critique, où l’on vient prendre un café en participant à un débat sur la conquête spatiale puis à un atelier de bricolage ou à un cours de danse, avant d’assister à un stand-up ou à un spectacle de magie. Une belle illusion ? Elle pourrait devenir réalité à Saint-Brieuc, en 2027. Mais avant, il faut la concevoir. En suivant une méthode qui fait sens, à l’image du futur fonctionnement des lieux : tout le monde est invité à proposer des idées et à les porter collectivement. 

Une multiplicité de besoins


Ce soir de juillet, une vingtaine de personnes sont réunies dans une lugubre discothèque — preuve que cette ville manque d’un lieu de rassemblement familial, plaisante une participante. Ce sont des habitués et des curieux. Yuli Camacho est membre d’un groupe de capoeira et d’une association geek, qui aimerait investir les futurs locaux. Une autrice jeunesse, Lucie Le Moine, imagine y tester grandeur nature des ateliers créatifs, pour ensuite les proposer de manière plus professionnelle à d’autres structures. Noémie Letissier, membre de l’association Le temps des sciences qui initie le projet, souhaite quant à elle y accompagner des expérimentations scientifiques sur plusieurs mois. Elle donne l’exemple d’un mobilier urbain cerné par deux disques paraboliques, où deux personnes peuvent chuchoter à distance, mais bien s’entendre grâce à un procédé physique : des citoyens pourraient l’usiner eux-mêmes, dans ce laboratoire permanent « Il y a nécessité d’avoir un lieu où les idées, les compétences et des machines peuvent se partager », résume Philippe Colas, bénévole à l’association. 

Transmission


Les premières ébauches sont regroupées sur des post-it numériques et des affiches papier. L’une est titrée « Que souhaitez-vous dans ce lieu ? ». Projections de films, ateliers cuisine, jeux de société, expositions, un café, une conciergerie, une épicerie solidaire, une boutique, un atelier pour fabriquer ou réparer des objets… Un dénominateur commun : « Créer, réparer, transmettre », synthétise le président de l’association Nicolas Nguyen. Créer des objets comme des vocations, réparer un vélo comme du lien social, transmettre un savoir comme une émotion ! « Un savoir n’a de valeur que lorsqu’il est partagé », philosophe le professeur de mathématiques. Les manches de sa chemise blanche sont remontées ; il tutoie les participants. Chaque voix est à égalité. Une femme demande quelle sera la gouvernance. « On ne sait pas, c’est à construire », répond-il. Dans quel lieu ? L’une des friches de la ville. Avec quels financements ? Une personne avance l’idée de mécénat de compétences. Bien d’autres sont encore à écrire. Prochaine réunion où tout un chacun est invité à s’exprimer : ce mois-ci !

Fanny Guyomard

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