La langue, un organe central

Le goût dans tous les sens

N° 441 - Publié le 6 octobre 2026
© OLGA SHEFER / ISTOCK

Elle peut se tordre et se tendre, s’allonger, se déployer ou se recroqueviller. Molle et pourtant étonnamment robuste, la langue est essentielle à l’élocution, la déglutition et la perception des saveurs. Ses 17 muscles lui permettent une mobilité fine et des mouvements précis. À sa surface, les papilles abritent les récepteurs des molécules sapides, ces fameux composés à l’origine des saveurs. Contrairement à une idée reçue, la langue n’est pas découpée en cinq zones chacune dédiée à la perception exclusive d’une saveur. « Mais c’est un fait : l’amertume se ressent plutôt à l’arrière et l’acidité à l’avant, probablement parce que ces endroits sont plus denses en récepteurs à l’amer ou à l’acide, avance Franck Jégoux, ORL au CHU de Rennes. C’est un système qu’on ne connaît pas extrêmement bien parce que les pathologies spécifiques du goût sont rares, et que la plupart des recherches sont orientées vers des cibles thérapeutiques. » 

Qualité de vie

 
La langue occupe pourtant une place centrale, ne serait-ce que dans la représentation mentale que nous nous faisons de notre propre corps. C’est parce que la répartition des informations reçues par le cerveau n’est pas proportionnelle à la taille de la zone qui les envoie. Au quotidien, nous avons par exemple davantage conscience de la présence de notre langue que de nos cuisses, parce que la langue est intégrée à des mécanismes beaucoup plus complexes. « C’est comme si vous aviez une salle (le cerveau) avec des informaticiens pour gérer plusieurs fonctions d’une entreprise (l’organisme). Vous allez évidemment mettre plus de personnel pour analyser les données liées aux fonctions critiques », compare Franck Jégoux. La langue est tellement importante que même si elle n’est pas indispensable — il est possible de se nourrir avec une sonde et de communiquer à l’aide d’ardoises — elle reste nécessaire à une bonne qualité de vie. « On peut survivre sans, mais vivre réellement, non », conclut le médecin.

Violette Vauloup

TOUT LE DOSSIER

Abonnez-vous à la newsletter
du magazine Sciences Ouest

Suivez Sciences Ouest