James Webb bouleverse notre compréhension de l’Univers

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N° 442 - Publié le 2 novembre 2026
© NASA / ESA / CSA / STScI / Rohan Naidu / MIT
Le télescope spatial James Webb montre la galaxie MoM-z14 telle qu’elle était dans un passé lointain, 280 millions d’années après la naissance de l’Univers lors du Big Bang.

Depuis son lancement, le télescope spatial James Webb enchaîne les découvertes et remet en question ce que l’on croyait savoir sur nos origines cosmiques.

Il y a cinq ans, le 25 décembre 2021, une fusée Ariane 5 décollait de Kourou, en Guyane. À son bord, le James Webb Space Telescope (JWST), le plus puissant télescope spatial jamais construit. Ce petit bijou technologique à 10 milliards de dollars, fruit d’une collaboration entre les agences spatiales américaine, européenne et canadienne, a été envoyé à 1,5 million de km de la Terre. « Il est maintenu en orbite autour du point de Lagrange L2, un emplacement où, soumis aux forces gravitationnelles de la Terre et du Soleil, il suit leur mouvement », situe Yveline Lebreton, astronome à l’Observatoire Paris-PSL et chercheuse associée à l’Institut de physique de Rennes.

Rayonnements infrarouges 


« Le JWST a été pensé pour remonter à la naissance des premières galaxies. La détection et la caractérisation des exoplanètes sont venues ensuite », explique David Elbaz, astrophysicien au CEA. Dans un ouvrage qui vient de paraître, Le Syndrome de la tache rose, le nouveau récit de l'Univers (Robert Laffont, 2026), il décrypte la révolution scientifique amorcée par ce télescope qui, en sondant l’infrarouge, remonte plus loin que jamais dans l’histoire du Cosmos. 

« La lumière n’est pas uniquement un rayonnement visible à l’œil humain, c’est un spectre qui va dans l’ultraviolet, le domaine radio ou encore l’infrarouge », enseigne le scientifique. Grâce à son miroir de 6,5 m de diamètre, le JWST capte des rayonnements infrarouges très faibles, très lointains dans l’espace et le temps. Ses outils de spectroscopie embarqués décomposent cette lumière. Les variations obtenues signalent la présence d’éléments chimiques dans des états particuliers. « On peut en déduire la masse d’une galaxie, son âge ou encore le nombre d’étoiles qui y naissent chaque année », poursuit David Elbaz. 

Plus fécond que prévu 


Depuis sa mise en service, le télescope enchaîne les découvertes, notamment celle de la plus ancienne galaxie jamais observée, vieille de 13,5 milliards d’années. Autrement dit, la plus lointaine source de lumière jamais captée. Il existait donc déjà une galaxie 285 millions d’années après le Big Bang. « La surprise, c’est qu’on en a trouvé cent fois plus que ce que prévoyaient nos théories sur cette époque », note David Elbaz, pour qui le JWST réécrit l’histoire de nos origines cosmiques tout en donnant un autre sens à notre place sur Terre. Comme le souligne Yveline Lebreton, « il y a une dimension philosophique à tenter de comprendre d’où nous venons ». Tandis que l’urgence climatique fragilise directement la vie terrestre, pourquoi donc allons-nous sonder les tréfonds de l’Espace ? Pour David Elbaz aussi, la réponse est existentielle. « On observe des planètes qui subissent un effet de serre majeur. Elles sont en quelque sorte nos miroirs passé et futur. » 

Le lancement s’est si bien déroulé que le télescope n’a pas eu besoin d’utiliser son carburant pour ajuster sa trajectoire. Sa durée de vie initialement estimée à 5 ou 10 ans a été allongée à 20 ans.

Notre dossier : À la recherche de la vie extraterrestre

Violette Vauloup

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