Relier tous les chiens du monde

L'histoire continue

N° 374 - Publié le 29 juillet 2019
Prisma by dukas presseagentur gmbh / Alamy stock photo
Des données génétiques sur tous les chiens du monde, comme ce berger en Patagonie chilienne, sont réunies dans une banque d'ADN canin.

Magazine

4512 résultat(s) trouvé(s)

L’Américaine Elaine Ostrander dirige un projet de séquençage du génome de toutes les races canines. Des Rennais y participent.

Généticienne au NHGRI (1) à Bethesda (États-Unis), Elaine Ostrander a participé au premier séquençage complet du génome d’un chien. « Nous avons séquencé les génomes de mille chiens issus de 200 races ! » Les échanges scientifiques entre l’Américaine et les chercheurs rennais sont nombreux. En 2005, Francis Galibert, professeur émérite à l’IGDR (2), collaborait déjà à ce programme. Et en avril dernier, Elaine Ostrander a été distinguée docteure honoris causa de l’Université de Rennes 1 .
Un nouveau projet de séquençage de génomes canins (3), auquel contribue l’équipe "Génétique du chien" de l’IGDR, est aujourd’hui coordonné par l’Américaine. Il réunit des chercheurs américains, chinois et français (4).

Objectif ? Recenser le patrimoine génétique de toutes les races de chiens du monde !

L’enquête commence dans les salons et les concours canins. « Nous savons exactement quels chiens y participent, explique Elaine Ostrander. Leur pedigree est connu jusqu’à cinq générations en arrière. » Des particuliers, des éleveurs et des dresseurs de chiens aident les scientifiques à compléter leur banque d’ADN canin. « En avril, nous avons reçu des échantillons d’ADN en provenance de Patagonie et du Vietnam. Les chercheurs ont été submergés, tout le monde veut participer ! »

Le génome des loups

Le patrimoine génétique de la moitié des 350 races reconnues par la Fédération cynologique internationale est connu, mais l’équipe réalise aussi des prélèvements sur des races “ non officielles ”. « Des personnes nous appellent. Elles disent par exemple : “Je vis en Sardaigne dans un petit village entouré de montagnes. La race de mon chien n’est pas officielle, mais il n’a jamais été croisé avec d’autres races”. Nous collectons ce type de données génétiques. » Et cette enquête internationale va même au-delà des chiens domestiques. « Nous voulons séquencer le génome des loups, des coyotes… Des chercheurs spécialistes ou des vétérinaires s’en occupent. »

Ce projet a pour but de faciliter les études génétiques des laboratoires de recherche du monde entier. « Nous découvrons que certaines races sont très proches, même si leurs morphologies diffèrent. Nous pouvons ainsi les grouper, pour mieux étudier des maladies complexes comme le cancer, l’épilepsie ou le diabète. »  Chez le chien… puis chez l’homme. Ces recherches permettent aussi de mieux comprendre les variations morphologiques entre les races et les modifications génétiques induites par la domestication. L’histoire évolutive des chiens est mieux connue !

Claire Guérou

1. National Human Genome Research Institute. Elaine Ostrander est responsable du département "Génétique des cancers et génomique comparative" de ce laboratoire.
2. Institut de génétique et développement de Rennes.
3. Nommé "Dog Genome 10 K Project", il doit séquencer les génomes de 10 000 chiens.
4. Le projet est dirigé par les Américains Elaine Ostrander et Robert Wayne, avec les Chinois Guo-Dong Wang et Yaping Zhang.

TOUT LE DOSSIER

Abonnez-vous à la newsletter
du magazine Sciences Ouest

Suivez Sciences Ouest