Des balises pour suivre les phoques

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N° 434 - Publié le 9 janvier 2026
© AURELIEN MORELLON
Deux jeunes phoques veaux-marins devant le Mont-Saint-Michel. Quatre de leurs congénères ont été équipés d'une balise de suivi.

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Dans la baie du Mont-Saint-Michel, quatre jeunes phoques veaux-marins ont été relâchés équipés de balises GPS. Un suivi important pour mieux connaître les habitudes de cette espèce.

Le 7 novembre 2025, après un passage en centre de soins, les quatre jeunes phoques veaux-marins 809, 810, 812 et 813 ont été réhabilités dans la baie du Mont-Saint-Michel, abritant la colonie la plus proche de l’espèce. Chaque année, dix comptages aériens des animaux sont réalisés lorsqu’ils sont à terre. 

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« Nous suivons l’évolution de cette espèce protégée depuis 2012 dans la baie. Elle y a fait son retour depuis l’interdiction de la chasse à la fin des années 1970, révèle Audrey Hemon, responsable environnement à l’Établissement public national du Mont-Saint-Michel. La population est dynamique, les phoques ne sont pas tous sédentaires. Avant leur maturité sexuelle, ils peuvent se déplacer en dehors du site. » 
La pose de balises GPS-GSM sur la nuque des animaux permet de mieux étudier l’utilisation de l’espace par les phoques. Financées par la Fondation Breizh Biodiv de la Région Bretagne, elles servent à comprendre le rythme d’activité des jeunes relâchés. « On voit leurs déplacements en direct sur les cartes. Dès que le phoque revient respirer à la surface, la balise émet et les données apparaissent, sourit Sami Hassani, directeur de l’Acmom1, hébergée à Océanopolis, à Brest. Sites de repos fréquentés, profondeurs de plongée, durées de chasse… Tout est enregistré. C’est l’un des premiers suivis de l'espèce réalisé à cet âge ! » 

Un recueil en centre de soins


Ces jeunes phoques sont souvent retrouvés échoués sur le sable. Mais pourquoi ? Les naissances et l’allaitement des phoques veaux-marins ont lieu en juillet dans la baie, une période touristique importante. Lors d’un dérangement2, la femelle peut s’enfuir et abandonner son jeune, qui est alors condamné. Afin de les limiter, il est conseillé de ne pas s’approcher d’un phoque sur le sable à moins de 300 mètres et d’appeler le Réseau national d'échouages (RNE) en cas de doute.
« Le petit non sevré est en effet dépendant de sa mère. Dans la nature, elle l’allaite avec un lait très gras riche en anticorps, indispensable à sa prise de poids et à sa bonne santé, précise Océane Guyomard, technicienne soigneuse chargée des soins à l’Acmom. À la suite de cette séparation précoce, de nombreux petits amaigris et affaiblis sont observés sur le littoral, comme 809, 810, 812 et 813. » 
Recueillis par l’association durant quatre mois, les jeunes sont soignés et nourris, avant d’être réhabilités lorsqu’ils atteignent le poids optimal de 30 kg. Trois jours avant, les animaux sont équipés des balises. « Après avoir attrapé et sédaté le phoque, le pelage est dégraissé et séché avant que la balise soit posée derrière la nuque. Elle sera tombée d’ici l’été », explique Océane Guyomard, qui précise d’ailleurs qu’une campagne de parrainage des phoques du centre de soins vient de s’ouvrir. Une autre façon d’accompagner les phoques en difficulté !

Fabio Perruchet

1. Association pour la conservation des mammifères et oiseaux marins de Bretagne.
2. Interaction entre une espèce et un humain ou toute autre activité entraînant un changement du comportement de l’animal tel que la fuite.

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