« Il faut comprendre les causes et les effets de la pollution »
Portrait
Professeur en géomicrobiologie, spécialiste de la pollution des sols à l’Université de Nantes.
Un métier où j'aurais pu parcourir et étudier de grands espaces, comme géographe ou forestier.
Les sciences expérimentales et les sciences humaines et sociales (SHS) n’ont pas la même perception des risques liés à la pollution. Les premières se focalisent, par exemple, sur le plomb contenu dans une carotte, dans un jardin. Les SHS peuvent prendre en compte le jardinage dans son ensemble : interactions sociales, bienfaits physiques, santé mentale. Ces deux visions complémentaires font évoluer la notion de risque.
Bien sûr ! Des idées émergent de rencontres fortuites avec d’autres chercheurs, dans des colloques ou des moments informels.
Un été, une collection de bactéries conservées dans un congélateur à -80°C a été perdue, suite à une surtension. Elles représentaient deux ans de travail.
Il ne faut pas s’arrêter de comprendre les causes et les effets de la pollution ! Même si le résultat peut être anxiogène. Certains sujets ne sont pas la priorité des autorités sanitaires. Pourtant, ce n’est pas parce qu’on ignore un problème qu’il n’existe pas.
Les activités humaines engendrent des pollutions diffuses dans la plupart des sols. Il faudrait une découverte qui amène une prise de conscience globale. Il y a un réel risque pour notre avenir si nous continuons dans cette voie.
Il ne faut pas en douter, c’est un objectif fondamental. Malheureusement, les courants obscurantistes se font plus présents, la crise sanitaire en témoigne, ce qui est inquiétant.
TOUS LES PORTRAITS
du magazine Sciences Ouest