Les manchots pourraient avoir trop chaud en Antarctique

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N° 408 - Publié le 29 mars 2023
© INSTITUT POLAIRE FRANÇAIS - AGNÈS LEWDEN

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Pendant trois mois, une chercheuse brestoise a observé les manchots Adélie. L’objectif : comprendre comment cette espèce parfaitement adaptée au froid fait désormais face au dérèglement climatique.

La Terre Adélie est imprévisible et la chercheuse Agnès Lewden en a fait les frais. Post-doctorante au Lemar1, à Plouzané , elle est revenue en février d’une expédition de trois mois en Antarctique. Sur place, elle espérait évaluer les effets des vagues de chaleur sur les manchots Adélie en mesurant leur température corporelle grâce, entre autres, à sa caméra thermique.

Sauf que la chercheuse a été confrontée à des conditions inattendues : un été rythmé par des tempêtes et des accumulations de neige. Au premier abord, cela ne posait pas de difficultés pour les manchots adultes, habitués au froid. « Ils sont capables de rester des semaines dans des eaux glaciales, donc quand ils reviennent à terre pour se reproduire, ils sont armés pour affronter les températures négatives. Parfois certains parents se font même complètement ensevelir sous la neige afin de conserver leurs oeufs à l’abri du gel », explique Agnès Lewden. Pour cela, les manchots adultes misent sur une stratégie d’isolation thermique. Dotés d’un plumage étanche et d’une couche de graisse sous la peau, ils perdent très peu de chaleur. Mais ce n’est pas la même histoire pour les poussins. « Le danger principal est l’humidité, avec la neige mouillant leur duvet pas du tout étanche, indique la biologiste. Dans ces conditions ils perdent plus de chaleur et peuvent même entrer en hypothermie. » Le risque ? Leur croissance peut être ralentie ou pire, ils peuvent mourir d’épuisement !


Déterminer la température interne

Depuis son retour, Agnès Lewden cherche à établir une relation entre les différentes températures qu’elle a mesurées : sur et sous la peau, ainsi qu’à l’intérieur du corps. Lors de ses prochaines missions sur le terrain, elle pourra déterminer la température interne des manchots directement à partir d'images infrarouges. Et ainsi évaluer s’ils pourraient souffrir du dérèglement climatique qui, année après année, change aussi bien la température que l’intensité des précipitations de leur environnement.

NOLANE LANGLOIS

1. Laboratoire des sciences de l'environnement marin.
Avec le soutien de l'Institut Polaire Français Paul-Emile Victor (IPEV) - Programme scientifique 1091.

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