D’où vient le granite ?
Actualité
Une conférence grand public revient sur la formation de cette roche emblématique de Bretagne, ouvrant une fenêtre sur l’histoire géologique de la région.
Il y a 300 millions d’années, la Bretagne était un massif montagneux dont les sommets culminaient à 5 000 mètres. Difficile de se le figurer aujourd’hui, quand ses monts ne dépassent pas les 400 mètres. Pourtant, de discrets vestiges de leur gigantisme subsistent : les affleurements de granite que l’on retrouve un peu partout dans la région.
« Ces roches magmatiques sont caractéristiques d’une chaîne de montagnes ancienne », note Martial Caroff, maître de conférences en géologie à l’UBO1. Le 7 février, le chercheur donnera une conférence sur les secrets du granite à Huelgoat (Finistère). L’occasion d’apprendre que ce dernier trouve son origine plusieurs dizaines de kilomètres sous une chaîne de montagnes. « Une montagne, c’est un peu comme un iceberg, compare le géologue : une petite partie en surface et une racine très profonde. » Si profonde qu’elle atteint des températures qui la font fondre. « La croûte continentale peut aussi fondre sous l’effet de remontées de matériel chaud venu des profondeurs du manteau terrestre », précise toutefois Martial Caroff.
Bulle de magma
Quoi qu’il en soit, le magma créé, moins dense que son environnement, remonte « comme une bulle » avant de se bloquer 20 à 7 km sous la surface, où il refroidit pour former le granite. Mais selon les conditions de la fusion, la composition et la minéralogie de la roche varient, même si tous les granites contiennent au moins du feldspath, du quartz et du mica noir. Il suffit d’observer les pierres à l’œil nu pour s’en rendre compte. « Par exemple, la cordiérite, un minéral alumineux gris foncé, est le marqueur d’une fusion de la croûte continentale en profondeur », illustre le chercheur.
Le granite ne s’offre à nos yeux que bien après sa formation, « quand l’érosion a décapé tout ce qui se trouvait entre elle et la surface ». La présence de la roche signale donc l’existence de sommets érodés, comme le Massif armoricain. Et les blocs de granite que nous observons aujourd’hui en Bretagne correspondent aux parties profondes de montagnes disparues.
1. Université de Bretagne Occidentale.
TOUTES LES ACTUALITÉS
du magazine Sciences Ouest