Des intrus en pleine nature
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Le 4 septembre, l’IPBES¹, aussi appelé le « Giec pour la biodiversité », a publié la première évaluation mondiale sur les espèces exotiques envahissantes et leur contrôle.
Cette synthèse scientifique quantifie leur invasion : plus de 37 000 espèces introduites par l’action humaine, dont plus de 3 500 ont des effets négatifs déjà documentés.
Gros dégâts
Le problème, c’est l’impact qu’elles ont hors de leur habitat initial : « En déstabilisant les écosystèmes, les espèces exotiques envahissantes sont susceptibles de créer de gros dégâts », explique Isabelle Grytten, cheffe du service patrimoine naturel à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) de Bretagne. « Elles peuvent provoquer une uniformisation des paysages, donc une perte de biodiversité, détériorer le milieu comme le fait le ragondin par exemple, voire représenter un danger pour la santé animale en apportant des vers et des parasites. » Le rapport indique qu’elles joueraient un rôle dans 60 % des extinctions globales d’espèces. Si la région bretonne n’est pas plus touchée que d’autres par les espèces invasives, elle doit néanmoins lutter contre son lot d’indésirables, comme la jussie ou le surmulot, « qui peuvent poser problème en particulier sur les îles. Ce sont des systèmes fermés, donc plus vulnérables », explique François Fiorat. Mais le chef du pôle nature et paysages à l’OEB² rappelle que « les causes majeures de perte de biodiversité restent l’artificialisation des sols et l’agriculture intensive ».
1. Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques.
2. Observatoire de l’environnement en Bretagne.
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