Le pari du retour au local

Quelle alimentation pour demain ?

N° 436 - Publié le 6 mars 2026
© Sarsmis / Istock

Un cinquième de notre alimentation traverse des frontières avant d’arriver dans nos assiettes. Face aux crises climatiques et géopolitiques actuelles, cette dépendance aux importations interroge.

Tensions commerciales

Sur le papier, une relocalisation complète de la production alimentaire présente plusieurs avantages. Elle permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées au transport et de restreindre le recours à certains pesticides interdits sur le territoire national. « Et elle renforcerait l’indépendance alimentaire du pays, en le protégeant d’éventuelles ruptures d’approvisionnement liées à des tensions commerciales », ajoute Angela Cheptea, chargée de recherche en commerce international à l’Inrae1, à Rennes.

Mais produire exclusivement sur le sol français comporte aussi des risques.
« Dépendre d’une seule zone de subsistance rend le système particulièrement vulnérable aux aléas climatiques, interpelle Carl Gaigné, directeur de recherches en économie à l’Inrae, à Rennes. Une diversification des sources reste plus prudente, mais pourquoi pas à une échelle plus restreinte, européenne par exemple ? » D’autres limites doivent également être prises en compte. Une relocalisation intégrale impliquerait une réaffectation massive des surfaces agricoles, sans garantie que l’espace disponible soit suffisant. Enfin, certaines dépendances demeurent incontournables, notamment pour les productions qui ne poussent pas sous nos latitudes et qui font partie de notre quotidien, comme le café ou le cacao.

C.P.

1. Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l’environnement

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