Des voitures à l’hydrogène en libre-service
Actualité
La société malouine H2X Systems conçoit des véhicules solaire-hydrogène. Ils seront mis en libre-service à Redon.
L’hydrogène arrive en Bretagne1. Le 3 octobre, la production et l’utilisation de l’hydrogène a fait l’objet d’une rencontre entre profes-sionnels, à Guingamp2. Parmi les intervenants, l’entreprise H2X Systems se démarque3. Basée à Saint-Malo4, cette société conçoit des véhicules hybrides solaire-hydrogène, destinés à la location. Deux prototypes ont été mis au point avec le constructeur automobile Gazelle Tech. L’agglomération de Redon est la première à s’engager pour faire rouler ces machines innovantes. Leur hydrogène n'étant pas produit à partir d'hydrocarbures, ces véhicules n’émettent pas de gaz à effet de serre.
L'hydrogène a le vent en poupe.
« Depuis cet été, la Chine a arrêté les subventions des voitures électriques à batteries, pour les consacrer à la mobilité hydrogène », indique Stéphane Paul, fondateur d’H2X Systems. Quant à la Californie, elle vise 1,5 million de véhicules à hydrogène dans six ans. Plus timide, la France soutient la construction de cent stations alimentées en hydrogène d’ici 2023, pour 30 000 véhicules légers5.
500 km à 10 euros
La solution d’H2X Systems consiste à alimenter des capsules d’hydrogène, intégrées dans des véhicules. Ils seront en libre-service, à l’image des vélos dans de nombreuses villes, et il n’y aura pas besoin de stations. Des panneaux solaires installés dans les voitures fournissent un supplément d’électricité. Les véhicules pourront être réservés en ligne, par abonnement ou à la journée. « Pour un kilo d’hydrogène à 10 euros, vous pourrez rouler entre 500 et 800 km ! », affirme Stéphane Paul. Avec une grande autonomie et un temps de recharge minimal, le véhicule à hydrogène n’a rien à envier aux voitures électriques à batteries. Celles-ci nécessitent plusieurs heures de charge pour 400 km. Sans compter que l’électricité stockée dans les batteries peut provenir de sources polluantes, comme les cen-trales à charbon... Ce n’est pas le cas ici.
« Notre hydrogène est fabriqué à partir d’énergies renouvelables », insiste le PDG. Comment ? À Redon, l’eau sera récupérée à la sortie d’une station d’épuration, pour éviter de consommer l’eau potable. Des éoliennes et panneaux solaires alimentent un électrolyseur, qui “casse” les molécules d’eau (H2O) pour récupérer l’hydrogène. Dans la voiture, une pile à combustible recrée de l’eau à partir de l'hydrogène et de l’oxygène récupéré dans l’air. Cette réaction génère l’électricité qui fait avancer la voiture. L’eau est évacuée par le pot d’échappement.
Trente véhicules en 2021
« En créant cet écosystème hydrogène, nous développons de nouveaux modèles de mobilité, propres et économes. » Il faudra attendre 2021 pour voir les trente véhicules rouler à Redon. Chaque voiture aura quatre ou cinq places. Un service de chauffeurs devrait également être mis en place, pour aider les personnes âgées ou celles qui ne peuvent pas conduire.
1. Lire « Hydrogène : les promesses de l’eau », Sciences Ouest n°359, février 2018.
2. Réunion organisée par la technopole Anticipa Lannion-Trégor.
3. Ce projet pionnier est cité en exemple par la Région, qui veut devenir fer de lance pour la production et les usages de l'hydrogène vert.
4. La société basée à Saint-Malo emploie une cinquantaine de salariés à Rennes, Brest, Bordeaux et en Allemagne.
5. Selon le Plan national de déploiement de l’hydrogène (juin 2018).
6. Association française pour l’hydrogène et les piles à combustible.
Stéphane Paul
stephane.paul@h2x-ecosystems.com
TOUTES LES ACTUALITÉS
du magazine Sciences Ouest