Le Tanio pollue encore
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Des boulettes de pétrole se sont échouées sur les plages du Finistère Nord, en novembre. D’où venaient-elles ? Pour le savoir, des plumes d’oiseaux souillées de pétrole ont été transmises au Cedre1, à Brest. Les groupements chimiques composant l’hydrocarbure ont été extraits, un à un, grâce à un chromatographe à phase gazeuse2, couplé à un spectromètre de masse3. « Notre indice est un hydro-carbure appelé l’hopane, car c’est une molécule qui ne se dégrade pas dans le temps », explique Nicolas Tamic, responsable des opé-rations au Cedre. Véritable ADN du pétrole, cette molécule a été comparée à celle de l’oléothèque4 du laboratoire. Un suspect a alors été révélé. « Les échantillons correspondent à ceux récupérés lors du naufrage du Tanio, qui avait sombré au large de l’île de Batz en mars 1980. »
Dépêchés sur une partie de l’épave toujours en mer, des plongeurs de la Marine nationale ont confirmé en décembre les résultats scien-tifiques. Des vannes utilisées pour vider les soutes du pétrolier ont été érodées. Elles libèrent de petites quantités de pétrole.
1. Centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux.
2. Technique pour séparer les molécules d'un mélange.
3. Technique qui permet de détecter des molécules et de caractériser leur structure chimique.
4. Groupe plusieurs milliers d'échantillons de carbures.
Nicolas Tamic, 02 98 33 10 10
nicolas.tamic@cedre.fr
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