La lutte contre le Baccharis s’organise

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N° 416 - Publié le 29 janvier 2024
© CC BY-SA 4.0 / Colsu

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C’est un arbuste originaire d’Amérique du Nord, aux feuilles vertes et aux fleurs duveteuses, qui semble à première vue inoffensif… Mais Baccharis halimifolia est en réalité une espèce exotique envahissante qui colonise progressivement tout le littoral breton depuis 1940. Cette plante importée au 17e siècle pour orner les jardins botaniques est résistante aux embruns et prolifère en Bretagne aux dépens d’espèces locales.
Depuis fin 2023, un arrêté de la préfecture d’Ille-et-Vilaine interdit sa commercialisation, sa détention et son introduction dans le milieu naturel. Les particuliers sont invités à arracher les plants de leur jardin ou à empêcher la dispersion des graines en coupant l’arbuste à sa base avant la période de floraison (septembre, octobre).

Chantiers dans le Morbihan


Cette décision est avant tout préventive. « Le pollen du Baccharis est très allergène et sa sève est inflammable, ce qui favorise les incendies », détaille Marie Peignard, doctorante en biologie à l'Université de Bretagne Occidentale qui consacre sa thèse à cette espèce envahissante. Dans le Morbihan, particulièrement concerné, le collectif Anti-Baccharis1 organise avec des bénévoles de vastes chantiers d’arrachage.

« Il faut revenir plusieurs fois sur un même site pour surveiller les repousses car la banque de graines dans le sol reste viable au moins deux ans, et un seul morceau de racine peut relancer la colonisation ! » ajoute la chercheuse. À Séné, au Sud de Vannes, près de 600 000 pieds ont été arrachés ou traités depuis dix ans sur environ 23 hectares. Et la lutte ne fait que commencer.

Sophie Podevin

1. Qui travaille avec les équipes du Parc naturel régional du Golfe du Morbihan.

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